Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 09:08

Sa pa, le nord du Vietnam, à proximité de la frontière chinoise. Une région des minorités H'mong qui se déclinent en plusieurs ethnies. Essentiellement des H'mong noirs ou rouges appelés ainsi en fonction de la couleur de la coiffe des femmes.

Sa pa, un endroit touristique ou les visiteurs veulent toucher du doigt une culture étrange et exotique.

Un village au creux d'une vallée aiguë; un torrent cascade entre des blocs de rocher entourés de bosquets de bambous. Des cultures de riz en terrasse qui arrondissent les élévations et les gaufrent comme un papier plié régulièrement. Les femmes et quelques hommes portent le costume traditionnel.

Nous avons loué deux motos, l'une pour Jean et l'autre pour un pilote avec moi sur le porte bagage et nous avons parcouru ainsi sans trop d'efforts les villages ou vivent les H'mong et les Dzao. Ce sont des bourgades ou le modernisme côtoie les costumes ancestraux.

La terrasse de l'auberge ou je me trouve en ce moment s'ouvre sur une vallée large et violette avec le soir tombant. Les cultures de riz s'étagent en volée d'escaliers géants sur les plis du piémont des montagnes, plus haut, c'est un canevas de champs plus important qui se heurte à des saillies rocheuses. On dirait des pièces de tissu cousues les unes à coté des autres.

Les villages ont délaissé les toits de palme et les habitations sont recouvertes de tôles ondulées ou d'Eternit.

Rompant le charme pittoresque du lieu, des pylônes et des poteaux métalliques distribuent (heureusement) électricité aux quatre coins de la vallée. Le chant d'un coq claironne soudain réveillant le caquètement d'un poulailler. Le vent chaud bouscule les feuilles d'un petit potager. Un chiot s'en prend à mon bas de pantalon. Devant moi, un billard a perdu ses joueurs mais pas ses boules qui gisent sur le tapis vert dans un désordre immobile.

L'après midi, dans ce paysage reposant, n'est plus qu'une succession de visions et de paysages entrevus.

Des femmes d'abord dans une échoppe près d'un pont en ferraille brinqueballant. Appuyée contre une colonne de bambou, sa coiffe rouge redressée comme le chapeau de napoléon laissait pendre une série de chainettes et de pompons tombant sur un chemisier violemment violet. Son sourire s'ouvrait sur des dents blanches et régulières.

Quatre autres commères aussi brillamment coiffées se tenaient à coté d'elle prêtes à nous vendre des broderies sorties d'une hotte en osier.

D'autres costumes de femmes, des H'mongs cette fois aux vêtements noirs rehaussés de festons de couleurs vives ou le jaune et le rouge abondent. De curieuses jambières noires lacées au dessous du genou et qui forment une sorte de guêtres, une coiffe toujours noire en forme de tuyau de poêle complètent l'habillement.

Un pont métallique rongé par la rouille au dessus d'un torrent limpide que des enfants prennent pour une piscine, Jean qui se prend les pieds dans un toron de métal et qui s'étale sans autre gravité qu'une écorchure, le même devenu le roi de la motocyclette joue le taxi pour une autochtone en costume local.

Le soleil qui dégagé des brumes matinales cogne si fort que la moindre partie de l'épiderme qui se montre à lui en prend pour son grade.

Et dans le soir qui arrive à grands pas, des hirondelles en escadrille rasent les toits, un touriste photographe se prend l'orteil dans une cale en bois et grimace de douleur, je m'interroge sur la forme de mollesse qui m'envahit et forme un édredon de ouate entre moi et les choses qui j'entends et je vois.

Une forme de fièvre douce à vivre et paresseuse.

Curieusement, je me rebelle contre cet état! Et mon dos aussi après plusieurs heures de motocyclette!

Le repas, frugale est prit sous un appentis. Un groupe de courageux randonneurs partage notre diner.

Le soir s'éclaire de mille éclairs sous les tambours d'un orage de montagne. Il tourne dans la vallée sans pouvoir en sortir. La pluie arrive, drue et droite. L'électricité devient instable. Ils ne nous reste plus qu'a ouvrir les moustiquaires et à chercher le sommeil.

Le réveil matinal se fait au chant du coq ravivant des souvenirs d'enfance. Le soleil caché derrière les montagnes trouve enfin le chemin et un rayon vient se poser sur la table basse ou j'écris. L'eau des rizières cascade de terrasse en terrasse puis s'égare dans une mare servant de pataugeoire à une douzaine de canards.

Des lamelles de bambou servent de clôture entre les lopins. Profitant de la fraicheur matinal, un couple de paysans s'est mis au travail. Ils œuvrent de la bêche pour ouvrir un ru alimentant une rizière tandis que sur le chemin deux très jeunes enfants trottinent à coté de leurs mère. Lavée par la pluie de la nuit, la campagne scintille de mille feux avec le soleil. Rosée et gouttes de pluie devenues perles et diamants chantent la lumière.

Par mdemion
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  • : Compte rendu de voyages, d'humeurs vagabondes et récit d'un tour du monde qui commence le 8 mars 2010
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Speret anTan

La musique de Bretagne a la vertu des feux de joie. Un vent d'aujourd'hui souffle violent et fraternel. Les braises du passé s'illuminent.Une nuée d'étincelles palpite.Les mélodies s'élèvent en clarté virvoltante pour lustrer nos oreilles. Elles ne viennent pas du temps qui se mesure. Elles transforment les chaînes d'antan en anneaux d'or. Le temps se réchauffe, se dilate. Il pleut des harpons de lumière.
L'esprit chasse le visible pour enflammer l'imaginaire.
Les songes les plus fous sont palpables, brûlant comme la fraicheur des roses.
Sorcellerie sonore.
Dans la lave de la tradition Chim Cadudal et Fabrice Lothodé se préparent à nous abreuver de tous les feux du ciel.
Sortie prévue du CD des deux maîtres sonneurs de Bretagne fin 2010.

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Mes livres

Récits de voyage(édition petit véhicule):
Miettes de soleil .
Liuba de kirghizsie.
La confusion de monde. 
Les yeux regardent les étoiles.  
Particules chinoises et fragments tibétains. 

Roman policier:
Une petite vieille dans les épluchures. 
Collection livre-imprim:
 Promenade autour du golfe.

Collection Kevrenn Alré: 
Répétitions ... 
Livret du spectacle TREMAR ( Musique Dider Dreo)
Poésie :
Zone sang (édition du petit véhicule)
Les gorges du Mékong. 
Petit calendrier érotique..
En préparation :
La fondation du monde (roman).
Comment je suis devenu breton.
Diner de con pour un breton. 
                            
 

Texte Libre

Songes de printemps   Juin

 

 

Le sable et la plage

La nuit sous la lune

Merveilleux naufrage.

Au creux de la dune

Gracile nudité

Qui me fait trembler

Sous l’éclat d’argent.

Caresses du vent

Doux et parfumé

Senteurs de l ‘été.

Que vous étiez belle

Sur le sable doux

Vous étiez pucelle

Moi j’étais jaloux

Des yeux de la lune

Eclairant l’écume

Les vagues et la mer.

Oh la tendre guerre

Lorsque mes mains glissent

Sur la fleur de lys

J’ai baisé la fève

Entre vos deux lèvres

Coquillage marin

Réveillé soudain

Fissure mouillée

Chemin inondé

Sublime ouverture

Humide rature

Force horizontale

Déchire le cristal

Soudain couleur sang

Amoureux moment

Je pose ma joue

Contre vos genoux

Lentement la paume

Explore la faune

Dressé contre vous

Par un geste doux

Câline votre main

Apaisant ma faim..

Pour vous mon amour.

La mer alentour

Frisonne de tendresse

Chantant nos caresses.

Je me suis noyé

Dans l’eau des baisers

Epaves sur la grève

Chahutée sans trêves.

 

 Michel Demion

Texte Libre

 

CANICULE

 

                    

                      Mes déserts se fissurent 

                     Sous d’anciennes blessures.

                     Le sable se résout

      Aux rêves les plus fous.

 

 

Je me souviens du temps

  Où la mer et le vent

Venaient battre les plages

Les tempêtes d’alors s’époumonaient de rage.

 

 

Les yeux mouillés de larmes

Mon sang de feu en flammes

Rougissait les granites

Ma vie prenait la fuite.

 

 

  Alors tu es venue, fille aux écumes blanches

Et mes mains s’arrondissent

Sur le berceau des hanches

 

Les draps mouillés du lit amoncellent

Les plis des étreintes et des fièvres.

Dans la chambre, une odeur de genièvre.

 

 

Oh silence étincelle

Le feu en gerbe grêle

Irradie tes cheveux

En ombre camaïeux

La courbe de ton cou

Rend mes baisers jaloux

Du grain de peau si doux

Jacassant à ton cou.

 

 

L’arrondi des épaules

Comme branches de saule

  Les caresses du vent

S’y  emmêlent longtemps

 

 

 

 

Silhouette églantine

  Parfum de violette

     Flagrance odeur marine   

                        Tremblante alouette   

 

               Sang et fureur mêles pour des bois de justice

              Dressés au beau  milieu des fougères et des lices

              Tes mains telles des oiseaux retiennent leurs envols

                    Se raccrochant aux rêves aux pensées les plus fols

                   La mousse des cheveux comme chevaux sauvages

Invente des princesses des princes et des pages

Des forteresses glauques des cavaliers en armes

Des foules révoltées où s’insurgent les femmes

Mon cauchemar s’éveillait fauve tremblant de rage

La houle s’enfiévrait pour un nouveau naufrage

J’ai vu fleurir alors sur les lèvres mutines

Le rut des blés levés lorsque le vent fulmine

Il tremble d’épouvante aux chaleurs profondes

Bouscule les chemins d’humeurs vagabondes

J’ai vu ton corps s’ouvrir fleur bleue sous la lune

La roideur de tes seins a la saveur des prunes

Chipées, heureux larcin embaumant ma mémoire

Torrent, calme ruisseau où la nuit je viens boire.

 

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